Variation sur le même t'aime

Publié le par Lessaim

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H - T'en as pensé quoi ?

F - Je te déteste.

H - Tu dis pas ça pour pas dire l'inverse du contraire, au moins ?

F - Tu ne comprends vraiment rien. Sur ce coup-là, je n'ai justement pas cherché à savoir. Comme on dit chez les psys, qu’ils soient chologues, chiatres, analystes, chothérapeutes ou employés chez EDF: j’ai lâché prise.


H – Donc, on a fait le tour, pas moyen de marchander ou de discuter ton verdict ?

F - Pour tout te dire à ton niveau, c’est comme les dahuts : je sais pas bien revenir en arrière.

H – Pourtant, à défaut de la raison, tu es toujours revenue à la maison… pis c’est pas vrai : t’aime bien te plonger dans le passé.

F – Oui parfois, pour la prestance du prestige et pour oublier un oppressant présent pressant.

H – « Prestige »..., c'est étonnant comme dans ta bouche, ce mot devient une activité… pis tu mens, en plus.

F – Oui, mais que les jours en « bre » des mois en « di », et là, c’est toi qui t’égares...

H - Où ?

F – Partout, sur tout, surtout sur moi, mon surmoi, mes émois, sur toi et sur nous : c'est tout toi.

H – Je ne ferais jamais pire que ta névrose si tu avais la déraison de pas avoir tort. En définitive, ça change rien, et ça ne changera jamais rien à rien.

F - Je le sais... cela fait aussi partie intégrante de ma persistance rétinienne inconsciente…

H – Ah ça… fais gaffe : ma grand-mère disait qu’il faut toujours éviter la rétine dans son couple.

F (S
oupir) – … l'immuable de ce qui a été, par exemple…

H – Qu'est-ce que tu racontes ? Le ski en été a rien d’imbuvable ! Mais c'est vrai que toi, tu préfères l'amer de l'hiver.


F – Notre principal tourment, c'est que tu n’aimes pas mon détachement, alors que c’est toi qui m'a donné les clefs qui m’y ont menée.

H – Ah là, je te l’accorde raide : c’est vrai que je préfère quand tu es attachée, mais pour ce qui est de l’accusation rapport aux clefs, tu pinailles- tiens, encore un mot qui te va comme une place réservée aux gays à l'arrière du train- fallait bien que t’ailles bosser, quand même ! Pis tu me gonfles : tu cherches toujours des réponses à des questions dont je ne comprends même pas le point d’interrogation.

F – C’est bien tout le paradoxe de notre relation. Là où je ne vois que nous, tu ne vois que toi. Au final, il n'importe que Toi.

H – Tu m’embrouilles l'écoute… t'es une belle garce en fait.


F - C'est un cliché éculé, les femmes belles qui sont forcément des salopes, mais ça te ressemble, les raccourcis.

H – Qu’est-ce que tu racontes ? D’abord, je ne suis pas circoncis et j’ai jamais voulu prendre de cliché d’éculée. Je sais que je suis pas fin, mais je suis pas visquieux ! Pour finir, c’est forcément vrai que les belles femmes sont des salopes, puisqu’on les désire. Paf ! Ah aaah ! Tu vois que je peux réfléchir aussi, moi.

F – Je l’accorde à nous, et je te l’accorde, à nœuds : à ton corps défendant, tu ne seras jamais aussi intelligent que tu n’es pas laid, mon Apollon.

H – Dis donc, faut pas prendre « l'Apollon n’est pas laid » que pour la moitié d’un con : je sais bien qu’ils ont jamais construit de satellite au Népal..  Sinon, donc en vrai, tu m'en veux pas ?

F - Toujours pas, même après ça. Et toi, tu m'en veux de ne pas avoir aimé ?

H - Oui.

* * *

H - Pourquoi t'as pas aimé, bordel ?!.. Tu pourrais pas être juste vicieuse, comme toutes les femmes de mes potes de bistrot célibataires ?

F – Oui, je le pourrais. Je le suis, même. Mais pas comme ça : ton attente m’effraye, y répondre m’emprisonne. Mais là, du coup, la sincérité de ton innocence me culpabilise ! Faut-il que j'aime m’écorcher de toi et que je sois toujours là, à nouer mes viscères à tes prouesses pour insuffler l’énergie vitale dont nous avons besoin ? Faut-il être sans âme à les attendre ou te lécher l’ego dignité ravalée, pour que tu ne fuies pas!

H - Mais non enfin, c'est pas ça… je ne fuis pas, c'est ma prostate qui commence à déconner... et même si je comprends pas, je t’en veux pas de lécher les légos du petit. Pis je suis pas comme ça. Tu sais bien que j'aime que tu te vrilles la tête pour moi un jour sur deux, mais...

F - … Et si je te disais que j'ai aimé mais que j'ai volontair... Hein ? ! Attends, t'as dit quoi là ?!

H - Rien... Quoi ?! Tu te fous de ma gueule : t'as aimé mais tu me fais croire que t’as pas aimé ?!

F – Non, pas cette fois, ce n’était qu’une théorie... Mais t'as dit quoi juste avant ?!

H – Je me rappelle plus !... Rah, pis te marres pas, hein! J’enrage dedans... de toi et de ton intellect qui me pousse à réfléchir hors piste !

F – Voilà, tu peux pas t'empêcher d'être odieusement beau quand les alezans de l’ire sourdent ! Et là tout de suite, je me dis que malgré ton QI d’amibe trisomique, tu vas finir par voir que ça m’excite qu’on se vole dans les sabots des haines.

H – J’te jure que des fois, je me demande si ça ne t’exciterait pas un peu qu’on se dispute… si c’est ça, je te déteste d’être obligée de me détester pour m’aimer.

F - Tu vois quand tu veux.

* * *

F - Tu disais donc : "J'aiiime queuh tu te vrilles la tête pour mmmhoi..."! Mmh. comme ça ?

H - Mmh, j'ai juste dit, mmh, que t'es aimmhable un jour sur deux, en faitmmh...

F - C'est biemmh ce que je pemmhsais... Commhtinue de me faire ce truc là...

H - Quoi mmhça ?

F – Ouiiimmh !

H - ... Que si tu me dis que tu me détesteras encore.

F - Tu triches !

H - Ben quoi ? C'est ce qu'on fait de mieux tous les deux, non ?!

F - Tricher ? Et ça ?... Mmh...

H - Mmhoaow... aussi… Toi, je te comprends rien, mais.. Continhuuue ! L’alezan népalais arrive à la vitesse d’un cheval au galop… Taïaut : tsunami dans le mille !
Ça devient wagnérien : c'est la chevauchée de la vache qui rit ! Lappe aux callipyges, now ! L'ire à Shiva, mon amooouuur !  


F – Non, je continuerai demain : quand je t’haïrai à nouveau, ma pipe.


H – Non, tout de suite : c’est moi qui ait les clefs.

F – Enfoiré! Comme je t’haimmmh!

Publié dans Co Ecrits

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Mrs D. 08/05/2010 09:27


Joli duo!


Le Raimb' 07/05/2010 22:53


'tin, pourquoi on m'invite jamais pour ce genre de truc, moi ?


poupoune 07/05/2010 22:49


c'est fin, ça se mange sans faim !
Extra.


stipe 07/05/2010 13:47


waouh, c'est aussi bon à la première lecture que c'est encore meilleur à la seconde !

(et ça m'a un peu rappelé ça : http://www.youtube.com/watch?v=LPDICyUtLHk )